Conférence de progrès : la fep signe des engagements majeurs en présence de mme borne, ministre du travail

Conférence de progrès : la FEP signe des engagements majeurs en présence de Mme Borne, Ministre du Travail

La FEP, les organisations syndicales représentatives des salariés CGT et FO, les représentants des clients publics et privés, ont signé des engagements majeurs lors de la Conférence de Progrès du 8 septembre 2021 pour « changer la donne » dans un secteur souvent invisible mais essentiel à tous. En alertant l’Etat, les collectivités territoriales, les acheteurs, il s’agit de faire progresser les conditions d’exercice de ces métiers. 

Le 8 septembre 2021, se tenait à Paris la Conférence de Progrès du secteur de la Propreté. Organisée par la FEP sous le haut parrainage du gouvernement et en présence de Mme Elisabeth BORNE, Ministre du Travail de l’Emploi et de l’Insertion, cet événement majeur a permis la conclusion d’engagements significatifs pour la reconnaissance de ces métiers de service et l’amélioration des conditions de travail des salariés du secteur. 

En effet, les métiers de la propreté assurent les conditions d’hygiène indispensables à toute activité professionnelle a fortiori durant la crise sanitaire où ils ont été mis en lumière et reconnus « métiers de la continuité économique et sociale ». Ces métiers ne sont cependant pas considérés au niveau de leur utilité sociale. L’achat de prestation de propreté et d’hygiène est souvent jugé au seul prisme du coût, variable financière d’ajustement, sans prise en compte de ses spécificités notamment sociales. Ainsi, les conditions de travail des salariés du secteur (horaires décalés et fractionnés, temps partiel, travail isolé, etc.) sont largement induites par les pratiques d’achats des clients, tant publics que privés qui -de fait- imposent une organisation du travail atypique. Cette « culture low cost » de l’achat de propreté impacte directement les conditions de travail et plus largement les conditions de vie des salariés. Ceci rend difficile les investissements des entreprises, altère leur capacité de recrutement, d’innovation techniques et sociales et pèse sur leur équilibre économique. 

Quatre temps forts à retenir 

Philippe JOUANNY Président de la FEP a insisté sur le fait que : « Ces pratiques et valeurs d’achats impactent directement ces milliers de salariés, ces milliers d’entreprises. Nous vivons dans une injonction paradoxale aujourd’hui : d’une part des exigences RSE ambitieuses (…) que nous souhaitons également promouvoir et d’autre part, des actes d’achats au plus bas prix possible, dans des conditions parfois impossibles et souvent trop peu vertueuses.» et d’ajouter que pour changer la donne : « une concertation large des parties prenantes, une co-construction sont indispensables : partenaires sociaux bien sûr mais aussi clients publics et privés, élus de la Nation, Etat, Collectivités territoriales, experts, chercheurs. C’est ensemble que des voies et des moyens seront explorés et c’est ainsi que des engagements mutuels pourront être pris, des engagements porteurs de progrès pour tous. »

Un discours suivi de la première table ronde intitulée « La propreté, des métiers invisibles et économiquement peu valorisés» avec l’intervention de Christian DU TERTRE, Professeur émérite de sciences économiques à l'université de Paris, sur la place et la valeur ajoutée des entreprises de service dans l’économie. M. Geoffroy CAILLOUX Sous-directeur des services marchands à la Direction Générale des Entreprises (DGE) est ensuite revenu sur l’importance des services, comme la propreté, dans l’activité économique du pays. Tony HAUTBOIS, Secrétaire Général CGT Propreté a rappelé que ces problématiques étaient anciennes mais qu’il y a eu trop peu d’évolutions notamment sur l’organisation du travail ; Mme Jocelyne MARTIN, Secrétaire Départementale FO Propreté a mis en avant les difficultés engendrées par le travail en horaires décalés sur le terrain, en particulier pour les femmes. La diffusion de témoignages vidéos de clients, d'un chef d'entreprise et de salariés du secteur relatant la mise en place du travail en journée/en continu dans les métropoles de Dijon et Nantes a permis de mettre en lumière des expériences positives concrètes.

Le second temps fort fut la séquence « Tous bénéficiaires : la propreté, une activité essentielle et stratégique ». Missionnée, avec Christine ERHEL, par la Ministre du Travail sur la question des « métiers de la continuité économique et sociale », Mme Sophie MOREAU-FOLLENFANT est revenue sur la mise en visibilité des métiers souvent qualifiés d’«invisibles » comme ceux de la propreté, mais mis en lumière par la crise sanitaire et sur les objectifs de ses travaux. Une intervention suivie par celles de M. Jamil Ait-Idir, secrétaire fédéral CGT et de Mme Nadia JACQUOT, Secrétaire Fédérale FO du secteur de la Propreté. Du côté acheteur, Mme Latifa HAKKOU, Présidente de l’ARSEG et M. Dominique ETOURNEAU pour le Conseil National des Achats (CNA) - signataires de la Charte d’engagement pour un achat de propreté efficace et responsable - ont témoigné des ambitions de changement portées par leur réseau et de la nécessité, pour l’acheteur public et privé, de mieux prendre en compte les enjeux de la propreté pour améliorer durablement la qualité de l’achat. Ils ont insisté sur la nécessaire reconnaissance de ces métiers, apparus comme stratégiques pour assurer la continuité de l’activité économique du pays.

Le troisième temps fort de cette Conférence de Progrès fut la séquence intitulée « Des acheteurs et des entreprises responsables ». Cette table ronde réunissait MM. Tony HAUTBOIS (CGT), Zaïnil NIZARALY - Secrétaire Général de la FEETS-FO, Mme Latifa HAKKOU (ARSEG), MM. Michel AUGE (CNA) et Bernard LACORE, Président de la Commission innovation et transition numérique de la FEP. Ces intervenants ont souligné l’importance de la RSE sectorielle aujourd’hui et encore plus demain notamment en ce qui concerne la transition écologique. La propreté de demain a été enfin esquissée avec des débats sur la place de la robotisation, la cobotisation et la numérisation dans ces métiers.

Enfin, quatrième et dernier temps fort, la signature des engagements réciproques introduits par Mme Aurélie BOILEAU, Vice-Présidente de la FEP. Les parties prenantes ont formalisé leurs ambitions de changement en s’engageant sur des axes d’amélioration sociaux et économiques au travers de la signature de deux textes fondateurs :

>> une déclaration commune signée par la FEP, le SNPRO et les organisations représentatives des salariés majoritaires (CGT et FO) visant à alerter les pouvoirs publics, les clients privés et publics sur les conditions réelles de réalisation des prestations. Cette déclaration demande à réduire les horaires de travail décalés et/ou fractionnés dans les cahiers des charges, à diminuer la pression continue sur les prix, limiter la massification à outrance et restreindre le renouvellement constant et accéléré des marchés. Enfin, la déclaration a pour ambition de faciliter l’accès au logement des salariés en complétant les prestations offres existantes. Cette signature vient, une nouvelle fois, souligner la maturité et la responsabilité du dialogue social de la branche qui permet depuis plusieurs années, d’acter des avancées sociales progressives mais significatives. 

>> une Charte d’engagements « pour un achat de propreté efficace et responsable » signée entre la FEP et les réseaux d’acheteurs et de clients majeurs que sont le Conseil National des Achats (CNA) et l’ARSEG (Association des Directeurs de l'Environnement de Travail). Parmi ces engagements, on retiendra notamment l’importance pour les marchés publics et privés d’établir une relation équilibrée entre clients et prestataires, de prendre en compte les enjeux RSE sectoriels de la propreté, de favoriser le travail en journée et en continu lorsque cela est possible, de mettre en cohérence la recherche du mieux-disant social et sociétal avec les choix en termes de prix et enfin, d’appliquer les recommandations et conseils proposés sur le site achat propreté. Cette dynamique nationale a vocation à se décliner dans les territoires à travers les réseaux d’acheteurs privés et/ou publics. 

Après avoir accueilli la ministre du Travail, Philippe Jouanny a déclaré « Nos entreprises, Madame Elisabeth Borne, sont prêtes à jouer le jeu, nous l’avons déjà prouvé. Mais elles ne peuvent donner que ce qu’elles ont. Il en va de leur pérennité, de la capacité d’emploi du secteur. Nous avons besoin du soutien actif de l’exécutif ». Il a souligné « Madame 
Elisabeth Borne, nous avons besoin de vous ! La déclaration des partenaires sociaux, que nous venons de signer, est un appel à une prise de conscience collective. La charte avec les acheteurs et les clients donne des perspectives de changements réels 
».
 

 

Organisée sous le parrainage du Gouvernement, cette Conférence de Progrès s’est conclue par le discours de Mme Elisabeth BORNE, Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion. La Ministre a, durant son allocution, souligné que « Cette Conférence de progrès pour les métiers de la propreté et de l’hygiène, que j’ai l’honneur de conclure, intervient au terme d’une année et demi de crise sanitaire, qui a particulièrement mis en lumière votre profession et ses conditions d’exercice ». Sur la mission ministérielle, la ministre du Travail a souhaité préciser « Au-delà de la reconnaissance de l’appartenance de ces métiers à ceux « de la deuxième ligne », l’objectif prioritaire de nos travaux était d’engager, en lien avec les partenaires sociaux des secteurs, une démarche de valorisation et d’amélioration de la qualité de l’emploi. » et d’ajouter, qu’au cours des travaux, « Chacune des branches a ainsi été invitée à faire part des thématiques sur lesquelles elle pouvait s’engager à négocier, en vue d’améliorer la qualité de ses emplois. Certaines branches ont, à cette occasion, fait ressortir des dynamiques positives, et c’est notamment le cas du secteur de la propreté. » La Ministre a aussi ajouté « Il nous faut en appeler à la responsabilité et à la vigilance des donneurs d’ordre, publics ou privés, pour diminuer la pression continue sur les prix, qui a des impacts négatifs sur les conditions de travail des salariés. Les pratiques d’achat doivent intégrer pleinement une dimension sociale, et éviter d’arriver à des situations où l’on accepte les offres sur des critères uniquement basés sur le prix. » Pour conclure, la Ministre a souhaité saluer « les nombreux pas en ce sens que vous avez déjà effectués, et je compte sur vous pour continuer à relever, dans les prochaines semaines, le défi de la revalorisation des conditions de travail des travailleurs de la deuxième ligne, dont l’activité est indispensable à notre quotidien. »

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