Retrouvez toutes les réponses aux questions que vous pouvez vous poser concernant les aspects fiscaux, commerciaux ou de gestion.

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Créer et gérer mon entreprise

Créer et pérenniser mon entreprise

Oui. Même si la Cour de cassation n’exige pas de résolution distincte, lorsqu’une SARL envisage sa transformation en SAS, l’approbation du rapport sur la valeur des biens doit être expresse, sous peine de nullité de la transformation.

 

Pour ce faire, il convient de désigner un commissaire à la transformation chargé d’évaluer les biens de l’actif social et de mentionner explicitement son rapport dans la résolution de transformation.

Respecter les obligations de mon entreprise

Être Dirigeant de mon entreprise

Rédiger, réviser, mettre fin au contrat commercial

Gérer la fin de mon entreprise

Fiscalité de mon entreprise

Respecter les obligations comptables et fiscales

Faire face aux contrôles et au contentieux fiscal

Oui. Lorsqu'elle envisage un redressement fiscal, l'administration doit non seulement expliquer les motifs des rectifications envisagées, mais également informer l'entreprise de leurs conséquences financières. Cette obligation constitue une garantie importante pour le contribuable.

À l'issue d'un contrôle fiscal, l'administration adresse généralement une proposition de rectification détaillant les points qu'elle entend remettre en cause. Elle doit également indiquer le montant des impôts supplémentaires, rappels de TVA et pénalités susceptibles d'être réclamés à l'entreprise.

Cette information permet à l'entreprise d'apprécier l'impact financier du redressement envisagé et de préparer utilement sa réponse. À titre d'exemple, si l'administration remet en cause la déduction de certaines charges ou estime qu'un montant de TVA a été insuffisamment déclaré, elle doit préciser le coût total du redressement projeté.

Dans une affaire récente, une société contestait la régularité d'une procédure de redressement au motif que les pages détaillant les conséquences financières des rectifications ne lui avaient jamais été communiquées. L'administration produisait bien une version complète de la proposition de rectification, mais elle n'était pas en mesure de démontrer que l'ensemble des pages avait effectivement été transmis à l'entreprise.

La Cour administrative d'appel de Paris a considéré que la société avait été privée d'une garantie essentielle. La procédure de redressement a donc été jugée irrégulière.

Cette décision rappelle que l'administration fiscale doit être en mesure de prouver qu'elle a bien communiqué l'ensemble des informations exigées par la loi et que des irrégularités de procédure peuvent entraîner l'annulation du redressement.

À noter : cette garantie connaît certaines limites dans le cadre de l'intégration fiscale. Le Conseil d'État a notamment jugé qu'une société membre d'un groupe fiscal intégré ne pouvait pas invoquer l'absence d'indication des droits et pénalités qu'elle aurait supportés si elle n'avait pas appartenu à ce groupe.

Avec la numérisation des services publics, l’administration fiscale a la possibilité d’envoyer une proposition de redressement par courriel. Mais sous quelles conditions cette méthode est-elle valide et sécurisée ?

Le recours au courriel pour une notification fiscale

Traditionnellement, une proposition de redressement fiscal est envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) pour garantir la preuve de l’envoi et de la réception. Cependant, le Conseil d’État a récemment confirmé que l’administration fiscale n’est pas obligée d’utiliser exclusivement la LRAR. Elle peut recourir à d’autres moyens, comme le courriel, à condition de fournir des preuves offrant des garanties équivalentes à celles de la LRAR.

L’exemple avec l’application Escale

Dans une affaire récente, une proposition de redressement fiscal a été envoyée à un contribuable via un courriel contenant un lien vers « Escale », une application sécurisée utilisée par l’administration fiscale pour échanger des documents. Cette méthode a été contestée par le contribuable, mais la Cour administrative d’appel de Paris a jugé que la preuve apportée par l’administration était suffisante. En effet, l’administration avait fourni une capture d’écran indiquant la date et l’heure de téléchargement du fichier par le contribuable. Pour les juges, cette méthode garantissait une traçabilité et une confidentialité équivalentes à celles d’un envoi par LRAR.

Le contribuable a la possibilité de demander la saisine de l'interlocuteur départemental immédiatement après son entretien avec le supérieur hiérarchique du vérificateur, sans avoir à attendre une prise de position officielle de ce dernier.

Lors d'un contrôle fiscal, un contribuable qui conteste le redressement envisagé peut solliciter un entretien avec les supérieurs hiérarchiques du vérificateur. En cas de désaccord persistant, il peut faire appel à l'interlocuteur départemental avant la mise en recouvrement du redressement. Ce double recours hiérarchique est un droit garanti par la charte des droits et obligations du contribuable vérifié.
Cependant, dans une affaire récente, une société avait demandé l'annulation d'un redressement faute d'avoir pu saisir l'interlocuteur départemental dans les délais impartis. En effet, la société avait rencontré le supérieur hiérarchique du vérificateur le 28 novembre 2017, mais n'avait reçu la confirmation du redressement qu'après le délai légal pour solliciter l'interlocuteur départemental.
Le Conseil d'État a toutefois estimé que le supérieur hiérarchique n'était pas tenu de prendre une position formelle à l'issue de l'entretien avec le contribuable. Par conséquent, en l'absence de réponse, le désaccord avec l'administration fiscale est présumé persister. Ainsi, la société aurait pu demander la saisine de l'interlocuteur départemental dès la fin de son entretien avec le supérieur hiérarchique. Dans cette affaire, elle a bénéficié d'un délai raisonnable de 17 jours pour faire appel à l'interlocuteur départemental, avant la mise en recouvrement du redressement.
Il est donc important pour les contribuables de savoir qu'ils peuvent demander la saisine de l'interlocuteur départemental dès la fin de leur entretien avec le supérieur hiérarchique, sans attendre une position formelle de ce dernier. Cela leur évitera tout risque de délai et garantira ainsi leur droit à un double recours hiérarchique en cas de désaccord avec l'administration fiscale.


Conseil d’État, 10 mars 2023, n° 464123

L’inaction d'une entreprise sur une brève période peut constituer une opposition au contrôle fiscal, entraînant une imposition d'office. Les juges ont récemment confirmé cette notion.

Dans un cas récent, une SARL avait demandé le report d'un contrôle fiscal en raison de l'absence de comptabilité pour 2013. Malgré une période de seulement 10 jours entre deux correspondances du fisc, les juges ont validé l'imposition d'office pour opposition au contrôle fiscal, assortie d'une majoration de 100 %.

Dans cette situation, la société n’a pas répondu à la demande du fisc de fixer une nouvelle date, entraînant l’émission d’un procès-verbal pour opposition au contrôle fiscal. Pour aller plus loin : Conseil d'État le 23 décembre 2022 (n° 466427) et la Cour administrative d'appel de Nancy le 9 juin 2022 (n° 20NC03697).

TVA