Surdité et malentendance

Surdité et malentendance

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Surdité et

Malentendance

INTÉGRER DES PERSONNES SOURDES OU
MALENTENDANTES DANS LA PROPRETÉ

Le handicap auditif est souvent perçu comme un handicap banal (dans le sens où il concerne de nombreuses personnes) mais aussi comme une forme de handicap supposée simple à intégrer. Or, contrairement aux idées reçues, le handicap auditif recouvre des réalités très différentes, avec des conséquences et des besoins sur l’emploi très divers.

Les personnes sourdes ou malentendantes rencontrent des difficultés spécifiques liées à leur handicap, notamment en matière d’apprentissage et de communication. Des difficultés qu’il convient de prendre en compte pour permettre une bonne intégration dans l’entreprise. 

Cette boîte à outils a pour objectif  : 

• De vous aider à mieux connaître justement la diversité de ces troubles auditifs​​​​​

• De vous permettre d’appréhender les répercussions possibles sur les métiers de la propreté et donc les points sur lesquels devront porter votre vigilance et celle de vos équipes encadrantes

• De vous aider à identifier et mettre en œuvre les besoins nécessaires à la compensation de ce handicap

Malgré le caractère « fréquent » de la malentendance et de la surdité, les idées reçues sont très nombreuses. Balayons quelques-unes de ces représentations qui nous conduisent parfois à sous-estimer des difficultés ou des besoins ou à mal interpréter une situation.

La déficience auditive, ça se remarque forcément

La principale difficulté, comme souvent dans le handicap, consiste dans l’absence de signes très visibles de la déficience auditive…Quand la perte d’audition arrive au cours de la vie, il arrive même fréquemment que la personne concernée soit la dernière à s’en rendre compte.

Sourd ou malentendant, c’est la même chose

Dans la vie courante, il y a souvent confusion entre les mots sourd et malentendant. Mais dans les faits, il est très important de faire la différence. La personne est dite « sourde » lorsque, avant l’acquisition de la parole (soit avant 3 ans environ), elle nait sans audition ou perd l’audition. De ce fait, elle ne fait donc pas connaissance avec les bruits, les sons et la parole. L’oralisation risque alors d’être difficile ou sera impossible.
La personne est dite « malentendante » lorsqu’elle a acquis la parole mais que, pour des raisons diverses, elle subit plus tard une baisse d’audition, voire une perte d’audition. Ces personnes ont donc une culture « entendante », « oralisante ».

Les personnes sourdes sont muettes

Il n’existe quasiment pas de personnes sourdes muettes. Toutes les personnes sourdes peuvent parler et font des efforts considérables pour y parvenir. Ces efforts sont souvent frustrants et peu reconnus car elles ne peuvent pas entendre si leur prononciation est correcte. 

Les personnes sourdes parlent toutes la langue des signes

Certaines personnes sourdes ne pratiquent que la LSF (Langue des Signes Française) mais c’est une minorité, d’autres préfèrent ne communiquer qu’en français oral, en s’appuyant parfois sur la lecture labiale avec ou sans LPC (langage parlé complété). D’autres utilisent ces deux langues. On dit alors qu’elles sont bilingues.

Quand on lit sur les lèvres,
on comprend tout

La lecture labiale ne remplace pas l’audition et ne restitue pas l’intégralité des messages. Seulement 30 à 35% maximum de l’information est captée. Certains sons sont invisibles sur les lèvres, d’autres sont identiques et enfin, de nombreux mots ont la même « image labiale » : ce sont des sosies labiaux. Par exemple : « il entend ce cours » et « il attend les secours ». C’est un exercice assez périlleux et très fatigant à la longue pour la personne sourde, puisqu’elle doit en permanence choisir entre les différents mots qui ont la même image. Ceci peut altérer la compréhension de la phrase entière et la personne doit utiliser en permanence la suppléance mentale pour comprendre dans la mesure du possible le sens de ce qui est dit.

Quand on a une prothèse auditive, on entend à nouveau normalement

Hélas, rien n’est plus faux. La prothèse auditive ne restitue pas une audition normale. Elle amplifie autant les sons parasites (bruit de la rue par exemple) que la voix de l’interlocuteur. En aucun cas on ne peut comparer l’effet correcteur des lunettes avec l’effet amplificateur des prothèses auditives. Plus la surdité est profonde, moins l’apport de la prothèse est efficace pour la compréhension de la parole. C’est pourquoi de nombreuses personnes sourdes ne portent pas d’appareils auditifs.

Il y aurait entre 4 et 5 millions de déficients auditifs en France, soit 7 à 10% de la population française. Ce chiffre ne cesse d’augmenter, non seulement parce que la population vieillit mais aussi parce qu’il y a un phénomène de perte précoce de l’audition chez les jeunes.

sourds et malentendants seulement pratiquent la Langue des Signes Française (LSF), qui est une langue à part entière. Vous le voyez, prévoir un interprète en langue des signes pour un entretien d’embauche par exemple peut parfois être une bonne idée mais le plus souvent ne servira à rien !

1 enfant sur 1000 naît sourd et 1 sur 1000 devient sourd avant 18 mois. 88% des personnes sourdes ou malentendantes le sont devenues.

des personnes sourdes ou malentendantes le sont devenues. Aussi, sachez que les hommes déclarent plus fréquemment une déficience auditive que les femmes. Une exposition aux bruits professionnels plus importante pourrait expliquer en partie ce constat.

de l'information est captée. Ainsi, la lecture labiale ne remplace pas l’audition et ne restitue pas l’intégralité des messages. 

L'échelle des troubles

La surdité totale est rare. La plupart des personnes sourdes ont des restes auditifs plus ou moins importants. On distingue 4 degrés de surdité en fonction des capacités auditives mesurées en décibels :

  • Jusqu’à 20 décibels perdus, on considère que l’audition est normale.
  • Avec une perte située entre 20 et 40 décibels, la personne souffre d’une déficience auditive légère mais peut déjà avoir des difficultés à comprendre une conservation courante, si la voix de l’interlocuteur est faible par exemple.
  • De 40 à 70 décibels, la déficience auditive est moyenne. La personne ne comprend que si la conversation est assurée par une voix forte, elle a du mal à comprendre au téléphone. Vous le voyez, dès le stade d’une déficience légère ou moyenne, l’impact sur le travail est réel : mal entendre, c’est avant tout mal comprendre !
  • Passé 70 décibels, la déficience devient sévère et si la personne perçoit une voix à forte intensité, elle ne comprend plus ce qui est dit.
  • Le stade suivant est celui de la déficience profonde.
  • Nous arrivons enfin au stade de la surdité totale, où une personne ne percevrait plus le bruit d’un réacteur d’avion, même à 10 mètres, mais pourrait seulement ressentir les vibrations.

Retenez enfin que la déficience auditive peut prendre d’autres formes, comme par exemple :

  • Une baisse de tonalité (des aigus ou des graves),
  • Des bruits parasites qui perturbent l’audition (comme les acouphènes),
  • Une hypersensibilité aux sons appelée hyperacousie.

Voyons maintenant ensemble comment accompagner l’intégration d’une personne sourde ou malentendante dans vos équipes ?

  • Les questions à se poser
  • Les bons réflexes d’aménagement simples
  • Sensibiliser l’équipe : conseils à donner
  • Apprendre à signer quelques mots

Retrouvez toutes les bonnes pratiques pour vous y aider en téléchargeant le petit guide ci-contre >>

Prothèse auditive (aide au financement par la MDPH et l’Agefiph)

Certains salariés hésitent peut-être à s’équiper d’une prothèse auditive ou à la changer, en raison du coût. Vous pouvez les accompagner pour qu’ils sollicitent une aide auprès de l’Agefiph pour les frais d’achat et de réglage des prothèses auditives. Le montant actuel maximum de l’aide est de 700 € pour une prothèse et 1400 € pour 2 prothèses. Cette aide est réservée aux personnes bénéficiaires de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (RQTH) ou en cours de reconnaissance. Une aide peut également être sollicitée auprès de la Maison Départementale des personnes handicapées (MDPH) au titre de la prestation de compensation du handicap

Smartphone pour communication par l’écrit

Les smartphones sont vraiment une aide à la compensation du handicap auditif, à la condition que la personne ne soit pas illettrée.

Appli de sous-titrage en direct (AVA par exemple)

De nouvelles aides à la compensation du handicap auditif ont été inventées dernièrement. C’est le cas d’une application permettant un sous-titrage instantané de la parole pendant une conversation avec un collègue, dans une réunion…La solution AVA est la plus connue et utilisée à ce jour et peut être utilisée de manière totalement gratuite jusqu’à 5 heures d’utilisation par mois. Pour l’utiliser, la personne malentendante et ses collègues doivent télécharger l’appli.

Bracelet vibrant permettant de communiquer des messages via des vibrations ou de détecter une chute

Il existe également sur le marché des bracelets vibrants reliés par Bluetooth au smartphone du porteur qui via une application, peut permettre de traduire les messages en vibration. Il est également possible au porteur de répondre en appuyant sur un bouton du bracelet pour envoyer un message sans passer par son smartphone avec des messages pré-programmés. Sachez que certains des modèles sont équipés aussi d’un détecteur de chute couplé à un système de géolocalisation.

Boucle magnétique pour une salle de réunion & centre relais, interface de communication sourd-malentendants / entendants

Pour ces deux dernières solutions, elles s’adressent bien sûr à des salariés sourds ou malentendants occupant des postes de type administratifs. Une boucle magnétique installée en salle de réunion permet de percevoir le son utile, amplifié et filtré des sons parasites via une position spéciale de la prothèse auditive. Enfin, il est possible de souscrire à un abonnement à un centre relais. Ils proposent des services de téléphonie assistée aux personnes sourdes, quel que soit le type de surdité. Un traducteur aide la personne à mieux comprendre une réunion, une formation, un échange téléphonique via une retranscription écrite par exemple ou via une traduction en LSF.

Vous avez du mal à comprendre les répercussions d’un handicap auditif au travail pour l’un de vos collaborateurs ? Ou encore, la situation est complexe et vous avez besoin d’un expert pour choisir les bonnes méthodes et moyens de compensation ? L’Agefiph et son réseau sont là pour vous aider.

La Prestation d’Appui Spécifique (dite PAS)

Elle a pour but de mobiliser un prestataire expert du handicap auditif afin de comprendre les conséquences du handicap dans le cadre du maintien en emploi ou de difficultés ponctuelles dans l’emploi et d’identifier les moyens de le compenser. 
Les prestations d’appuis spécifiques sont prescrites par le conseiller Cap Emploi, Pôle Emploi ou Mission Locale ou les médecins du travail (uniquement en Ile de France pour ces derniers). Elles sont financées par l’Agefiph.

L’Etude préalable à l’aménagement de la situation de travail (EPAAST)

Elle a pour but d’analyser la situation de travail et de trouver des solutions. Comme pour tout appui de l’Agefiph, le salarié concerné doit être reconnu bénéficiaire de l’Obligation d’Emploi de Travailleurs Handicapé ou avoir déposé une demande de RQTH. Cette étude est prescrite par le Cap Emploi ou la Délégation Régionale de l’Agefiph et l’intervention repose sur l’accord du médecin du travail, du salarié et de vous employeur.

L’aide à l’adaptation de la situation de travail
Cette aide doit permettre l'adaptation du poste de travail dans le cadre de l'accès à l'emploi ou d'un maintien dans l'emploi d'un salarié reconnu handicapé. 
Le montant de l'aide est évalué après analyse de chaque situation dans une logique de stricte compensation du handicap, c’est-à-dire en excluant les investissements qui, par nature, sont rendus obligatoires pour tenir le poste, que le salarié soit handicapé ou non.