Troubles moteurs

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INTÉGRER DES PERSONNES SOUFFRANT DE
TROUBLES MOTEURS DANS LA PROPRETÉ

Le handicap moteur représente l’image collective même du handicap, avec cette représentation très ancrée de la personne en fauteuil roulant. Pourtant, il recouvre différentes réalités qu’il est important de mieux découvrir, d’autant que le handicap moteur est le plus répandu. 

Cette boîte à outils a pour objectif  de vous aider à : 

appréhender les principaux troubles moteurs

comprendre les principaux besoins de compensation techniques ou via l’accessibilité

accompagner l'intégration ou le maitien en emploir des salariés concernés

Un handicap moteur (ou déficience motrice) recouvre l’ensemble des troubles pouvant entraîner une atteinte partielle ou totale de la motricité (c’est à dire de la capacité du corps ou d’une partie du corps à se mouvoir), notamment des membres supérieurs et/ou inférieurs.

Les causes du handicap moteur sont diverses : maladie acquise, maladie génétique, malformation congénitale, traumatisme dû à un accident, au vieillissement.

Le saviez-vous ?
La mobilité réduite concerne environ 3,5 millions de personnes en France, soit 5,3% de la population. Parmi ces personnes, 1,2 million ont entre 15 et 64 ans et 3% sont en fauteuil roulant.

Les principales origines possibles :

  • les lésions de la moelle épinière provoquant en fonction de leur localisation une paralysie des membres inférieures (paraplégie) ou des quatre membres (tétraplégie) 
  • les atteintes ostéo articulaires (atteintes du squelette ou articulations quelle qu’en soit la cause - amputation, malformation comme une scoliose sévère, lésions rhumatismales...) 
  • les atteintes neuro musculaires (atteintes des muscles comme dans la myopathie)
  • les atteintes cérébrales (suite par exemples à une IMC, un AVC, une tumeur…) : dans ce cas, il existe presque toujours des troubles cognitifs associés aux troubles moteurs (difficulté à mémoriser, à s’organiser, à se repérer dans l’espace…)

L'hémiplégie

Il s'agit de la paralysie du côté droit ou gauche du corps.

La tétraplégie

Il s'agit de la paralysie des 4 membres.

La paraplégie

Elle désigne la paralysie des membres inférieurs.

Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS)

Les TMS sont des maladies qui touchent les articulations, les muscles et les tendons.

L'ataxie

Elle désigne un trouble de l'équilibre et de la coordination des mouvements, d'origine neurologique.

L'apraxie

Ce trouble du mouvement est due à une lésion cérébrale et se manifeste par des difficultés à réaliser et coordonner certains mouvements.

L'IMC ou paralysie cérébrale

L'infirmité motrice d'origine cérébrale (IMC) est une infirmité motrice due à des lésions survenues durant la période périnatale. Aujourd'hui, on utilise plus fréquemment le terme de « paralysie cérébrale ».

Les principales situations rencontrées dans les métiers de la Propreté sont les suivantes :

Les personnes mal marchantes ou ayant des difficultés dans certaines positions

Les personnes en fauteuil roulant

Les personnes ayant des difficultés de préhension et/ou souffrant de TMS

Les personnes de petite taille

Les personnes souffrant d’obésité

Comment les difficultés liées aux troubles moteurs peuvent-elles se manifester ?

Les personnes rencontrant des troubles moteurs de membres inférieurs peuvent :

  • Avoir une déambulation difficile ou disharmonieuse
  • Rencontrer un problème d’équilibre
  • Devoir utiliser un fauteuil roulant électrique ou manuel
  • Devoir utiliser une canne ou un déambulateur
  • Avoir des difficultés à prendre une position ou à maintenir une position de manière prolongée

Les personnes rencontrant des troubles moteurs de membres supérieurs peuvent :

  • Avoir des difficultés à saisir un objet,
  • avoir des difficultés à manipuler un objet ou à exercer un mouvement en force.

Pour quelques personnes, les difficultés peuvent par exemple être de s’exprimer à l’oral (attention : ne pensez pas qu’il y a une altération des capacités intellectuelles), ou encore de regarder quelqu’un ou quelque chose avec attention.

Les troubles musculosquelettiques (TMS) sont des troubles de l'appareil locomoteur pour lesquels l'activité professionnelle peut jouer un rôle dans le déclenchement, le maintien ou l'aggravation. Les TMS affectent principalement les muscles, les tendons et les nerfs, c’est-à-dire les tissus mous. Ils surviennent quand les contraintes subies par les tissus sont trop fortes et vont au-delà des capacités physiques en l’absence de récupération suffisante. Ils s'expriment par de la douleur mais aussi par de la raideur, de la maladresse ou une perte de force. Quelle que soit leur localisation, les TMS peuvent devenir irréversibles et entraîner un handicap durable. Selon l’Agefiph, les TMS et les lombalgies sont les causes les plus fréquentes du handicap moteur.
Le schéma montre que les TMS concernent presque exclusivement les membres supérieurs : tendinopathie, syndrome du canal carpien au poignet, épicondylite au coude en sont quelques exemples.

Dans le secteur de la Propreté, les statistiques professionnelles relèvent une élévation importante du nombre de maladies professionnelles dont 97% sont des TMS. Plus de 50% des effectifs ont plus de 40 ans et cette part est en augmentation, avec pour conséquence un risque accru de TMS.
Prévenir ce risque professionnel constitue un enjeu social et économique fort pour la profession au regard des conséquences humaines graves qu’il entraîne pour les salariés et des coûts directs et indirects importants qu’ils génèrent pour les entreprises.

Maintenir à son poste ou recruter une personne handicapée moteur en entreprise soulève 3 questions principales :

  1. L'adaptation de l’environnement de travail aux contraintes de la personne handicapée, au regard de l’ensemble des tâches qu’elle doit accomplir (y compris les tâches secondaires ou ponctuelles). 
  2. L’intégration au collectif de travail. Elle est étroitement liée à l’attention apportée à la compensation du handicap, condition de l’autonomie de la personne à son poste : plus celle-ci sera indépendante dans son emploi, mieux elle s’intégrera. 
  3. L’accessibilité. Dans certains cas, elle englobe l’accès aux locaux et au poste de travail, mais aussi la circulation dans tous les lieux de vie de l’entreprise (salles de réunion, espace de restauration…), voire, dans certains cas, le stationnement et les déplacements à l’extérieur de l’entreprise, notamment le trajet depuis le domicile.
Le handicap moteur est généralement visible. Une information préalable de l’équipe est nécessaire, afin d’éviter toute surprise lors de la journée d’intégration de la personne. À la différence du handicap invisible, il y a moins de risque d’incompréhension dans une équipe de travail… En revanche, le risque est de réduire/résumer sans cesse la personne à son handicap. Il est donc important de sensibiliser l’équipe, voire le client avec l’accord de la personne concernée.
Comme nous l’avons vu précédemment, la question de l’intégration dans le collectif de travail est étroitement liée à l’attention apportée à la compensation du handicap. Plus le handicap sera compensé, plus l’autonomie de la personne à son poste sera grande, et mieux elle s’intégrera. 

​​​​​​​Parmi les principaux besoins des personnes en fauteuil roulant on retrouve :  

  1. Le fait d’accéder au bâtiment et d’y circuler : la présence de marches pour accéder au bâtiment sans autre moyen d’accès est un problème à résoudre, par exemple par l’installation d’une rampe d’accès. L’usage d’un fauteuil roulant nécessite un revêtement de sol non meuble, sans trous, des circulations suffisamment larges (90cm en ligne droite et d'1m20 minimum s’il y a un angle à 90°), des espaces pour manœuvrer et faire demi-tour (notamment dans les sanitaires).
  2. Le fait de se repérer et d’accéder à tous les équipements : la position « assis » nécessite d’installer les informations et équipements à bonne hauteur (entre 40cm et 1,30 mètre maximum). Il faut prévoir un dégagement suffisant sous le plan de travail. Le besoin de transfert doit être facilité par la présence d’espace et de barres murales dans les sanitaires.
  3. Le fait de pouvoir évacuer un bâtiment en toute sécurité : les salariés en charge des évacuations doivent être informés de la présence d’un collègue à mobilité réduite. Il faut privilégier en cas d’incendie les espaces d’attente sécurisés et l’évacuation par les pompiers.
  • Mieux comprendre les besoins de personnes de petite taille

Une personne de petite taille désigne une condition caractérisée par une taille inférieure à plus de 20 % de la taille moyenne de la population.

Être une personne de petite taille est un défi de taille :

  1. Situons bien les choses : vivre avec le nanisme, ce n’est pas être « simplement » plus petit. Les personnes de petite taille sont, par définition et dès la naissance, des personnes ayant des limitations fonctionnelles, des handicaps. Et ces limitations sont doubles : d’abord d'ordre médical car le nanisme s’accompagne souvent de complications variées mais aussi d'ordre architectural, le monde tout autour étant conçu pour desservir une population aux dimensions beaucoup plus grandes. 
  2. Second défi de taille, la persistance des préjugés 

​​​​​​​Parmi les principaux besoins des personnes de petite taille on retrouve :  

•    Des meubles et des accessoires à hauteur
•    Des marches d'escaliers adaptées
•    Des portes faciles à manier
•    Des meubles profonds
Mais d’autres besoins professionnels sont moins évidents à percevoir : 
•   Des distances de marches limitées, car avoir de courtes jambes implique de faire plus de pas et engendre ainsi une plus grande fatigue
•    Favoriser la position assise car il peut être est difficile rester longtemps debout

•    Un port de charges lourdes à éviter

  • Mieux comprendre les besoins de personnes ayant un TMS :

Voici quelques conseils pour non seulement prévenir le risque de TMS mais aussi adapter la situation de travail de vos agents de propreté concernés par un TMS :

- privilégier des outils légers et maniables
- installer des pompes et centrales de dilution pour éviter la manipulation des bidons de produits d’entretien
- fournir des chariots adaptés au travail avec possibilité d’installer tout le matériel nécessaire
- prévoir sur les chariots des roulettes pivotantes adaptées aux caractéristiques des sols
- réduire les contraintes au niveau des membres supérieurs (par exemple, pour limiter les torsions des poignets, remplacer l’essorage de la serpillière à la main par un système de presse)
- privilégier des matériels facilitant leur utilisation et la prise manuelle (longueur, forme et taille de la poignée). 
- favoriser le travail à hauteur (autrement dit dans une zone naturelle d’atteinte)
- prévoir des accessoires adaptés (manches télescopiques, buses particulières…) sur les matériels pour éliminer, en particulier, le travail bras en l’air et limiter les postures contraignantes. 
- limiter les déplacements inutiles.

Pour les postes administratifs nécessitant une importante part de travail sur écran, voici nos conseils pour limiter les TMS :

Ce premier dessin vous indique tout ce qu’il ne faut pas faire si une personne travaille beaucoup sur écran. Sa posture et l’installation de son poste ont toutes les chances à terme de générer des TMS.

Et voici, ce qu’il convient de faire !

1.  La hauteur de la chaise est bien ajustée afin de garder une assise confortable.   2. Les cuisses sont parallèles au sol, les genoux sont pliés à 90°, les jambes légèrement ouvertes. Il y a un espace entre l’assise et le bureau. 3. Le dos est maintenu par le dossier de la chaise. 4. Les pieds sont posés bien à plat ou sur un repose-pied. Un porte-document est utilisé si besoin pour lire les notes et ainsi éviter de pencher la tête ou d’étirer le cou. La hauteur des accoudoirs est ajustée afin que les avant-bras soient proches et à bonne hauteur du bureau. Les coudes sont pliés à 90° et reposent sur les accoudoirs pour éviter des tensions dans les bras, les épaules, la nuque.

Aussi, les yeux sont au même niveau que l’écran, la personne pense à cligner régulièrement des yeux et fait des pauses toutes les 30 minutes pour réduire la fatigue visuelle.  Enfin, les poignets sont dans le prolongement de l’avant-bras et l’extrémité des doigts est plus basse que les poignets. 

Le handicap moteur est généralement visible. Une information préalable de l’équipe est nécessaire, afin d’éviter toute surprise lors de la journée d’intégration de la personne. À la différence du handicap invisible, il y a moins de risque d’incompréhension dans une équipe de travail…En revanche, le risque est de réduire et résumer sans cesse la personne à son handicap. Il est donc important de sensibiliser l’équipe, voire le client avec l’accord de la personne concernée.
Comme nous l’avons vu précédemment, la question de l’intégration dans le collectif de travail est étroitement liée à l’attention apportée à la compensation du handicap. Plus le handicap sera compensé, plus l’autonomie de la personne à son poste sera grande, et mieux elle s’intégrera.

Voici quelques conseils généraux pouvant être donnés au cas par cas à l’équipe de travail :

​​​​​​​•    Proposez votre aide mais ne l’imposez pas

•    Si le collègue est en fauteuil roulant, ne poussez pas le fauteuil si la personne ne vous l’a pas demandé. Si la personne sollicite votre aide, évitez les mouve-ments brusques et annoncez les manœuvres

•    Ne vous appuyez pas sur un fauteuil roulant (c’est intrusif pour la personne et cela pourrait la faire basculer)

•    Lorsque vous parlez longtemps avec une personne en fauteuil roulant ou une personne de petite taille, mettez-vous à sa hauteur

•    Veillez à maintenir les espaces de circulation libres

•    Si vous indiquez un chemin, choisissez un chemin sans obstacle (pente trop raide, portes à manipuler, chemin étroit ou avec un revêtement de mauvaise qualité)

•    Si vous accompagnez votre collègue à mobilité réduite, ouvrez les portes et maintenez-lui ouvertes

•    Vous pouvez sans crainte utiliser tous les mots du langage comme « ça roule », « je file »... 
•    Certaines personnes peuvent avoir une élocution difficile pour autant leur intelligence n’est pas altérée : parlez-leur normalement et laissez-leur le temps de répondre

Est-ce une obligation pour un employeur de mettre en accessibilité ses locaux de travail ? 

Retenez tout d’abord qu’en la matière, c’est le code du travail qui s’applique et non le code de la construction. Il faudra donc très clairement distinguer les obligations du maître d’ouvrage (celui qui est en charge de la construction d’un bâtiment ou de travaux) de celles de l’employeur. Pour le premier, il se doit de construire en respectant les prescriptions techniques en vigueur, autrement dit les normes d’accessibilité. L’employeur, lui, devra apporter une réponse à un besoin d’accessibilité de l’un de ses salariés. Dans ce cas, l’employeur a une obligation de résultat : il se doit de trouver une solution dans la limite de la notion d’aménagement raisonnable. Pour cela, on considérera les coûts des travaux au regard des aides financières qu’il peut recevoir de la part de l’Agefiph.

Il faut donc retenir que les obligations de l’employeur pèsent quelle que soit la date de création des locaux. Face à un besoin, il ne peut se limiter à la seule conformité des locaux aux règles de construction. Il devra trouver une solution. En revanche, s’il n’y a aucun besoin de mise en accessibilité pour un salarié, rien ne l’oblige à réaliser des travaux pour améliorer l’accessibilité de ses locaux de travail.

Comment comprendre les besoins et adapter le poste d’une personne ayant des troubles moteurs ? Cette capsule vous dévoile les acteurs clés sur lesquels vous appuyer !

Le salarié concerné par un handicap moteur 

•    Il connaît sa situation et ses besoins
•    Il est important de l’associer étroitement à la recherche des solutions, cela vous évitera de passer à côté d’un besoin clé ou a contrario de mettre en œuvre des solutions disproportionnées.

Votre Service de Santé au Travail 

Sachez que de nombreux SST disposent maintenant de compétences variées (dont des ergonomes, des ergothérapeutes). Mobilisez leur aide pour préparer l’intégration d’un salarié touché par un trouble moteur ou son retour à l’emploi.

L’Agefiph et son offre de services

Dès lors que votre salarié est bénéficiaire de l’OETH ou en cours de reconnaissance, l’Agefiph peut vous accompagner dans un besoin de mise en accessibilité ou d’adaptation du poste, notamment via des études PAS (Prestation d’Appui Spécifique) ou EPAAST (Etude préalable à l’aménagement de la situation de travail). Vous pourrez également demander une aide pour l’adaptation de la situation de travail. Il s’agit d’une aide ponctuelle accordée pour la mise en œuvre de tous les moyens permettant le maintien en emploi via une adaptation de la situation de travail. Contactez votre Délégation régionale de l’Agefiph ou le Cap Emploi local.

Enfin, n’oubliez pas d’associer le manager de la personne. Il connaît bien les contraintes du poste et sera en charge de la qualité de son intégration au poste et dans l’équipe​​​​​​​

Voici quelques exemples d’aides techniques que vous pourriez imaginer mettre en place pour des salariés atteints de troubles moteurs. Bien évidemment, il ne s’agit que de quelques exemples parmi tant d’autres !

Suppléance mécanique pour membres supérieurs

Idéale pour les personnes atteintes de déficiences musculaires

Repose jambe

Souris verticale

Clavier et souris intégrée pour prévenir les TMS
 

Balai ergonomique pour nettoyer les endroits difficiles sans se baisser

Chariot compact limitant la torsion du poignet

Boule amovible permettant de manier le volant avec une seule main

Solution universelle d'aide à la préhension

Le saviez-vous ?
La pemière main artificielle date de -2000 avant JC. Elle a été retrouvée sur une momie égyptienne

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Vous avez besoin d’un expert pour choisir les bonnes méthodes et moyens de compensation ? 
L'Agefiph et son réseau sont là pour vous aider.

Voici quelques rappels sur les conditions à respecter pour solliciter les aides de l’Agefiph :
-    les aides sont réservées aux salariés du privé bénéficiaires de l’obligation d’emploi de travailleurs handicapés (BOETH) et à ceux ayant déposé une demande de RQTH;
-    elles ne sont pas accessibles de droit (autrement dit pas systématiquement accordées) et ont toujours pour vocation de compléter les aides de droit commun quand ils en existent;
-    les aides appelant une expertise du besoin et/ou nécessitant un examen des possibilités offertes par le droit commun font l’objet d’une prescription obligatoire (Cap Emploi ou Agefiph pour le maintien en emploi);
-    enfin et c’est très important, les aides ne peuvent pas être attribuées postérieurement à la date de réalisation de l’action ou prendre effet après cette date (sauf las aides pour la conclusion d’un contrat d’alternance).