Troubles cognitifs

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Troubles
Cognitifs

INTÉGRER DES PERSONNES SOUFFRANT DE
TROUBLES COGNITIFS DANS LA PROPRETÉ

Chaque jour, nous mettons tous en place, sans le savoir, des stratégies d'apprentissage, de recherche d'information, d'action... plus ou moins efficaces. Elles nous aident à accomplir des actes aussi simples (du moins le croit-on) que déchiffrer un texte, payer le pain, planifier notre semaine de vacances, planter un clou, nous rendre quelque part. Pour cela, nous mobilisons nos facultés cognitives. Il vous arrive peut-être certains jours de vous dire : « je ne retrouve plus mes clés », « j'ai été distrait ! », « je suis trop fatigué, je n'arrive plus à me concentrer », « qu'est-ce que tu viens de me dire ? »... Ces situations illustrent la possibilité que nos capacités cognitives soient à certains moments moins efficientes. Pour certaines personnes, ces défaillances peuvent être importantes et sont alors appelées troubles cognitifs…et si les difficultés observées entraînent un désavantage social, on parlera alors de handicap cognitif.

Cette boîte à outils a pour objectif  : 

• De vous aider à mieux appréhender leurs incidences possibles dans un contexte professionnel

• De comprendre à quoi servent les fonctions cognitives et qui peut être concerné par des troubles cognitifs

• De vous aider à accompagner l’intégration ou le maintien en emploi de salariés concernés 

Les fonctions cognitives représentent tous les processus cérébraux par lesquels l’être humain acquiert l’information, la traite, la manipule, la communique, et s’en sert pour agir. 

On peut dire de manière simple que les fonctions cognitives sont toutes les capacités de notre cerveau qui nous permettent d’être en interaction avec notre environnement : elles permettent de percevoir, se concentrer, acquérir des connaissances, raisonner, s’adapter et interagir avec les autres. Voici les principales fonctions cognitives :
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L’attention : c’est principalement la capacité à se concentrer pendant une certaine durée, ou encore à faire deux choses en même temps.

La mémoire : c’est la capacité à retenir des informations visuelles ou verbales à court et long terme.

Les fonctions exécutives : ce sont les habilités du cerveau permettant l'adaptation à des situations nouvelles, « non-routinières » : s’organiser, établir des priorités ;
mettre en place une stratégie face à une situation inhabituelle ;
évaluer la meilleure alternative face à un problème…

 

Les fonctions visuo-spatiales : elles jouent un rôle déterminant dans l’efficacité du regard. Ce sont elles qui nous permettent de distinguer un objet, de l’étudier sous tous les angles, de le positionner dans l’espace, mais également de le saisir.

La mémoire de travail : c’est une mémoire moins connue qui se réfère à la capacité à traiter et manipuler mentalement des informations données dans le moment présent. C’est elle par exemple qui vous permet de retenir un numéro de téléphone le temps de pouvoir l’inscrire ou encore d’effectuer un calcul mental.

Le langage : c'est un ensemble d’habiletés qui sont généralement divisées en deux catégories : les habiletés réceptives (c’est-à-dire comprendre le langage parlé et écrit) et les habiletés expressives (autrement dit, parler et écrire).

La cognition sociale : ce sont les capacités à comprendre les autres, à identifier les différentes émotions et à interpréter correctement son environnement.

Ainsi, on appelle trouble cognitif, toute altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions cognitives résultant d’un dysfonctionnement cérébral, quelle qu’en soit la cause.  On distinguera les troubles cognitifs en fonction de 2 critères :
- l’étendue de l’altération (ils peuvent être globaux, affectant toutes les fonctions cognitives de façon homogène, ou spécifiques à une ou plusieurs fonctions cognitives particulières);
- l’âge d’apparition (congénitaux, apparaissant au cours de l’enfance, de l’adolescence ou à l’âge adulte). 

Le handicap mental comme le handicap psychique n’entrent pas dans la classification proposée ici, même si les personnes concernées présentent aussi des troubles cognitifs.

Les troubles cognitifs sont d’origine très diverses. Il peut s’agir de :

  • troubles cognitifs spécifiques développementaux (regroupant principalement les troubles plus connus sous le nom de « troubles spécifiques des apprentissages ») : TDAH, dyslexie, dyspraxie, dysphasie…​​​​​​​
  • troubles envahissants du développement : autisme, syndrome d’Asperger​​​​​​​
  • troubles cognitifs acquis : traumatisés crâniens, accidents vasculaires cérébraux (AVC)​​​​​​​
  • troubles cognitifs évolutifs de l’adulte : Alzheimer, sclérose en plaques , maladie de Parkinson.​​​​​​​

Ayez bien à l’esprit que les troubles cognitifs peuvent être légers, sévères ou très invalidants

Nous nous concentrons volontairement, pour cet item, sur les situations que vous aurez le plus de probabilité de rencontrer en emploi.

Ils apparaissent au cours du développement de l’enfant, avant ou au cours des premiers apprentissages et persistent pendant l’âge adulte. Certains de ces troubles affectent les apprentissages précoces (par exemple, le langage, le geste…) et d’autres affectent plus spécifiquement les apprentissages scolaires comme le langage écrit, le calcul… Ils sont le plus souvent appelés troubles spécifiques des apprentissages.

On les classe en 6 catégories :

Troubles spécifiques du langage oral : dysphasie

Troubles spécifiques du langage écrit :  dyslexie et dysorthographie

Troubles spécifiques du développement du geste et/ou des fonctions visuo-spatiales : dyspraxie

Troubles spécifiques du développement des processus attentionnels et des fonctions exécutives
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Troubles spécifiques du développement des capacités mnésiques
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Troubles spécifiques des activités numériques: dyscalculie

Zoom sur les DYS 

En France, on parle de 6 à 8% de troubles dys dans la population. On peut dire que 4 à 5% des élèves d’une classe d’âge sont dyslexiques, 3% sont dyspraxiques, et 2% sont dysphasiques. Mais si on connaît bien la dyslexie, on connaît moins les autres.

A vous de jouer ! Prenez quelques minutes pour repérer la difficulté chez l’un de vos agents de propreté avec le trouble dys qui le concerne peut-être.

​​​​​​​On entend par troubles cognitifs envahissants du développement, les différentes formes d'autisme. Or, lorsqu'on pense à l’autisme, on pense souvent à 1 type d’autisme. Celui qui, dans la société, est associé à l’image d’un enfant, qui ne parle pas, bloqué dans son monde, souvent violent envers lui-même. C’est une forme d’autisme parmi une infinité d’autres ! C’est pour cela que le terme "spectre de l’autisme" est utilisé. 
Un autiste possède un fonctionnement cérébral différent. Parmi les troubles autistiques existants, le syndrome Asperger est l'un des plus connus et avec lequel il est possible de travailler. C'est une forme d’autisme sans déficience intellectuelle ni retard de langage. 

Les recherches nous aident de plus en plus à mieux comprendre comment une personne Asperger perçoit le monde qui l’entoure via des opérations cognitives très différentes des nôtres.  Sa compréhension d’une situation est très analytique et tous les détails ont la même importance. Si un détail change ou disparaît soudainement, la situation n’est plus la même. Cette particularité cognitive est en lien avec sa difficulté à faire face aux changements. ​​​​​​​

Autre particularité : les personnes autistes ont de grande difficulté à déchiffrer l’expression verbale, le langage corporel, les émotions. L’écoute des mots devient alors très importante mais elles ont tendance à comprendre et interpréter le langage au premier degré, d’où l’importance d’être très précis dans les consignes données.
L’autisme a aussi pour conséquence que la personne ne peut se concentrer que sur un seul intérêt à la fois et qu’elle trouve ses repères dans une organisation routinière, dans des rituels et des comportements répétitifs.
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Parmi les troubles cognitifs évolutifs de l’adulte auxquels il est possible d'être confronté dans la profession, on retrouve la sclérose en plaques (SEP). C'est une maladie auto-immune qui affecte le système nerveux central. La gaine de myéline est attaquée, or c’est elle qui sert à isoler et protéger les fibres nerveuses comme le fait, par exemple, le plastique autour des fils électriques. Jouant un rôle dans la vitesse de propagation de l’influx nerveux transportant l’information le long des neurones, la SEP entraîne des troubles cognitifs chez près de 40 à 70% des personnes touchées.


Les troubles cognitifs, les plus fréquents, associés à la SEP concernent :

la vitesse de traitement de l’information : 

le cerveau réagit moins vite sans que la personne ne s’en rende forcément compte. Il faut alors plus de temps à la personne pour faire une tâche (elle est capable de rester efficace mais a besoin de plus de temps). Ses difficultés sont majorées dans les environnements bruyants, si elle est prise par le temps (situation de stress) ou si elle a plusieurs sollicitations en même temps.

les troubles de la mémoire :

le type de trouble de la mémoire le plus fréquent dans la SEP est la difficulté à apprendre une nouvelle information. C’est le processus d’encodage de l’information qui est perturbé et va nécessiter d’utiliser des stratégies de mémorisation comme la répétition de l’information et la visualisation de l’information. Autre type de mémoire pouvant être affectée : la mémoire de travail. Elle correspond à la capacité à maintenir et à manipuler une information dans le cerveau pensant une courte période et lors de la réalisation d’une activité. 

les troubles de la fonction exécutive :

ils correspondent aux capacités nécessaires à une personne pour s’adapter à des situations nouvelles, c'est à dire, non routinières pour lesquelles il n’y a pas de solution toute faite.
 

On entend par troubles cognitifs acquis,  tous les traumatismes subis, tels que, les AVC ou traumatismes craniens entraînant des séquelles cognitives et comportementales.

Exemple : un agent de propreté, qui, suite à un accident de la route, a subi un traumatisme crânien. Les troubles cognitifs dont il souffre sont : 

> Fatigue cognitive

> Troubles cognitifs des fonctions exécutives : il réalise très bien son activité de nettoyage mais se trouve « comme bloqué » si la situation diffère de la situation habituellement rencontrée. Il a beaucoup plus de mal à travailler dans des environnements bruyants. Par ailleurs, il peut oublier des événements très récents (comme l’endroit où il a garé son véhicule) et doit donc pour compenser prendre beaucoup de notes.

> Anosognosie : elle correspond à l’absence de conscience des troubles acquis après un AVC ou un traumatisme crânien. Dans ces cas, la personne peut être très irritée par les remarques ou attentions de son manager, puisqu’elle ne se rend pas compte de ses difficultés. Il est très important de comprendre que ce n’est pas un comportement volontaire et conscient mais que cela provient des perturbations cérébrales dues à l’AVC ou à l’accident.

Changement comportemental entraîné par l’atteinte cérébrale : la personne peut manquer d’initiative, se replier sur elle-même : c’est ce qu’on appelle l’apathie. D’autres personnes vont a contrario aller vers la désinhibition en se mettant à parler beaucoup, en se montrant familière ou en perdant en partie les règles imposées par les conventions sociales. 
 

Vous souhaitez approfondir vos connaissances sur les troubles cognitifs et leurs impacts dans l’entreprise ? Accompagner des salariés ? 

Grâce au guide pratique téléchargeable ci-dessous, vous pourrez connaître les dispotifs existants pour accompagner au mieux vos collaborateurs.